LES DIFFERENTS STATUS :

L’accès à la profession est soumis à quelques règles.
Il est indispensable :

·        D'aimer conduire.
·        D'aimer le contact avec le public.
·        D'être titulaire d'un permis de conduire catégorie B depuis plus de deux ans.
·        D'être titulaire d'une attestation de formation aux premiers secours délivrée depuis moins de deux ans.
·        De ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation définitive mentionnée au bulletin n° 2 du casier judiciaire.
·        D'être en bonne santé et d'avoir une bonne vue.
·        D'obtenir une carte professionnelle délivrée après examen de la Préfecture de Police. La formation, généralement dispensée sur une période de trois mois, est assurée par plusieurs centres de formation, dépendant souvent de syndicats du taxi ou d'entreprise de location de taxis. Elle peut parfois et sous certaines conditions être prise en charge par l'A.N.P.E. où d'autres organismes sociaux.

Chacun a sa petite histoire sur les taxis de ce pays ou l'autre, cette ville ou l'autre, mais que dire sur les taxis parisiens ?

Un métier de professionnels: Conduire un taxi à Paris ne peut être un petit job à ses heures perdues, mais est un métier de professionnels qui ont pu y accéder après être passés par l'une des écoles de formation des taxis parisiens et réussi deux examens gérés et controlés par la Préfecture de Police de Paris, sous la tutelle du Ministère de l'Intérieur.

Sécurité :

Chaque chauffeur est détenteur d'une carte de capacité professionnelle. A chaque véhicule taxi correspond une licence . L'état mécanique des véhicules est controlé par le service spécialisé de la Préfecture. Les véhicules de plus de 7 ans sont exclus de la flotte des taxis parisiens.

Leurs tarifs sont les moins chers de France et parmi les trois moins chers des pays de la communauté européenne.

Tous les taxis parisiens appliquent les mêmes tarifs, peu importe la marque ou le type de la voiture. Les compteurs sont réglés, controlés et cellés par les services autorisés de la Préfecture de Paris.

Les 4 différents statuts sont :

1.     Artisan (8474 à Paris), titulaire de l'autorisation de charger sur la voie publique (communément appelée "plaque" ou "licence") et propriétaire de son propre véhicule.

2.     Actionnaire (l’exemple de la coopérative GSCOP en fin de page) dans une coopérative (1130 à Paris) qui fournit l'autorisation de charger sur la voie publique en échange d'un droit d'entrée et vous laisse la charge de fournir votre véhicule.

3.     Locataire (environ 5500 à Paris) d'un véhicule équipé taxi, en payant forfaitairement une location à la semaine ou à la décade au propriétaire du véhicule (généralement des sociétés possédant de 6 à plus de 800 véhicules).

4.     Salarié d'une société (1500 à Paris) en étant rémunéré par un pourcentage de la recette, généralement réservé aux voitures travaillant en doublage, avec un conducteur de jour et un de nuit.

Quelque soit la forme sous laquelle on exerce le métier, il faut savoir, que pour gagner raisonnablement sa vie, la profession exige d'effectuer un grand nombre d'heures de travail. Si la journée est limitée, par la réglementation, à 10 heures pour les salariés et 11 heures pour les artisans, il n'est pas rare de voir des conducteurs travailler 7 jours sur 7.

Paris, 105 km², 2.3 Millions d'habitants , 9 Millions en incluant la grande couronne de la région parisienne, 1/5 de la population de France.

La flotte des taxis parisiens couvre Paris et trois départements limitrophes, et constitue un élément primordial du réseau de transport de L'Ile de France.

LES SOCIETAIRES : L’EXEMPLE GESCOP :

         Le groupe parisien Gescop qui compte 1 200 personnes constitue le 1 groupement français de taxis. La force de la coopérative tient au regroupement de travailleurs indépendants associés et à l’élaboration d’une véritable stratégie d’entreprise basée sur la gestion démocratique. Jean-François Morève, administrateur de Gescop, nous fait découvrir à travers son propre parcours, la trajectoire d’une entreprise innovante. Ceux qui pensent encore que la forme coopérative est vieillotte et peu performante vont devoir d’urgence réviser leur jugement.

          Gescop est de ces entreprises exemplaires, liant efficacité et innovation. Innovation par le statut, grâce à la reconnaissance par l’Administration en 1976 du statut de travailleur indépendant, qui, par extension, va leur permettre de fonctionner en coopérative regroupant des travailleurs indépendant  associés. Innovation dans l’exercice du métier. «Nous avons toujours été à la pointe des évolutions de la profession, souligne Jean François Morève, nous avons été les premiers à nous équiper d’un central radio informatisé, nous avons aussi encouragé le paiement par carte bancaire alors que la profession y était majoritaire ment hostile…»

          Mais c’est surtout la dimension entre preneur du groupe Gescop qui en impose. Il a construit son développement en intégrant des activités et des services  par création, rachat, ou prises de participation nécessaires à l’exploitation de la profession de taxi.

         Création d’un centre comptable assurant la gestion de la comptabilité individuelle de chaque chauffeur de taxi, d’une mutuelle interne professionnelle, prise de participation dans la société Axy gest qui gère les besoins informa tiques du groupe, rachat du central radio Alpha Taxis en 1988 qui, après son informatisation en 1990, est devenu aujourd’hui avec son système de localisation automatique des véhicules par le GPS l’un des plus performants du marché. Rachat plus récemment d’un atelier de carrosserie et d’une société d’installation de taximètres…

         Cette mise en commun de moyens et une gestion méticuleuse permettent d’amortir les aléas de la conjoncture économique comme la forte baisse d’activité subie par la profession à la suite de la guerre du Golfe persique en 1991. Les résultats ont été à la hauteur. Le bilan consolidé du groupe avoisine les 450 millions de francs! Une coopérative de travailleurs indépendants associés Jean François Morve, 50 ans au compteur, peut afficher une légitime fierté. Rien ne prédestinait cet autodidacte, «formé sur le terrain et grâce au cours du soir en gestion de la Chambre de commerce» à canier le Gié (groupement d’intérêt économique) Gescop et à devenir l’un des virtuoses de la gestion coopérative.

          C’est en effet comme boulanger pâtissier qu’il entreprend à 14 ans son parcours professionnel. À 23 ans, ne s’imaginant pas passer sa vie entière entre des diplomates et des religieuses, il décide de devenir chauffeur de taxi, «par goût de la liberté et du contact humain» explique-t-il. On est en 1971, il intègre la Compagnie des taxis G7.

         Certains reçoivent l’appel de la mer, lui ce sera l’appel du bitume… et du général de Gaulle. Il adhère avec enthousiasme aux thèses de la participation gaulliste. Il devient militant et animera à ce titre de 1981 à 1991 la section PARTICIPER 553 MARS 1998 Bic et à la Tva sur le chiffre d’affaires et possèdent un numéro de Siret.

         Première conséquence, Gescop, qui ne regroupe plus que des «indépendants associés», doit quitter la Cgscop dont l’appartenance à l’époque «ne se concevait qu’avec des salariés» explique JF Morève. Dépasser le salariat, une voie d’avenir Curieusement, la nouvelle organisation, non fondée sur le salariat, va renforcer les liens entre les sociétaires et la coopérative.

          «Chaque sociétaire a son compte courant individualisé, note JF Morève, il participe par sa quotepart aux charges de la coopérative». En dépit des obligations «telles que l’adhésion obligatoire de tout sociétaire au centre comptable Gescop, au central radio, le sentiment d’appartenance s’est renforcé» s’étonne encore JF Morève.

          Mais ces de voir vis-à-vis du groupe s’accompagnent de nombreux avantages pour les sociétaires. L’optimisation de la gestion, la possibilité de dis poser d’un véhicule relais en cas de panne ou d’accident, l’engage ment de solidarité de la coopérative auprès d’associés traversant des difficultés personnelles, la reprise en interne de la gestion financière des assurances de la flotte des véhicules qui permet d’en limiter le coût, procurent de substantiels atouts et puis «ils ont la possibilité de contester cette gestion puisqu’ils désignent eux mêmes leurs représentants lors des assemblées générales». Autre atout et non des moindres, le président de chaque société de taxi «est obligatoirement un de leurs pairs».

         JF Morève «a roulé» vingt ans, de 1971 à 1991 avant de devenir directeur général de Gat. Pendant un an, il est passé par tous les services avant de succéder à Pierre Oudin à la tête de l’entreprise en 1992. L’expérience, le capital humain, des bases solides à partir desquelles se transmettent les valeurs de l’entreprise. C’est pour faire reconnaître ses spécificités auprès des Pouvoirs publics que le groupe a créé une chambre syndicale professionnelle. C’est pour dé fendre et partager ces valeurs, qu’il a réintégré le giron de la Confédération générale des Scop en 1995. JF Morève, administrateur de l’Ur parisienne, élu au Conseil national du Mouvement entend dynamiser cette nouvelle forme de coopération, «une voie d’avenir pour d’autres métiers».

         LE RPR des taxis. Il cherche à «devenir acteur de sa propre vie, à s’impliquer dans la vie d’une entreprise et dans la société». La société Gat qu’il intègre en 1972 va lui en donner l’occasion. Dans le sillage des ordonnances d’août 1967 sur la participation et l’actionnariat dans les entreprises, coup sur coup, trois sociétés de taxi  Gat, Barco et Taxicop  se transforment en sociétés anonymes coopératives après que les porteurs de parts eurent cédé le capital de ces sociétés aux salariés. Dans la foulée, elles adhèrent à la Cgscop. Le montage juridique est astucieux.

          Le capital est fractionné de façon à ce que chaque lot de parts corresponde à une licence  c’est à dire l’autorisation de stationnement qui permet d’exercer la profession de taxi. Dès lors les règles de la dévolution démocratique du pouvoir peuvent s’appliquer.

          Une licence correspond à un associé qui détient une voix. Chaque sociétaire, chauffeur de taxi, est lié à la coopérative par un contrat d’intéressement. Statut semblable, esprit identique; la Gat rejoint en juin 1977 Barco et Taxi cop au sein du Gie Gescop, l’organe de gestion, créé par les deux coopératives en 1970. La direction du Gie est assurée collégialement par les trois présidents des Scop.

         À la suite d’un sévère redressement fiscal fin 1977 motivé par la remise en cause des recettes déclarées par les chauffeurs associés, l’Administration fut à l’origine d’un changement de statut rendu possible grâce à un arrêté du ministère du Travail d’octobre 1976: le statut «d’indépendant associé» regroupés au sein d’une coopérative se substitua à celui de salarié. Le nouveau statut combine un compromis entre le salariat et l’artisanat. Sur le plan social, les coopérateurs sont assimilés à des salariés  ils cotisent au régime général sur une base forfaitaire de 70% du plafond de la Sécurité sociale  mais sur le plan fiscal, ils sont, comme l’artisan, assujetti au Le Groupe parisien Gescop: 1200 personnes.