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Roissy devient enfin un aéroport du XXIe siècle
Les travaux du terminal 1 de Roissy-Charles-de-Gaulle viennent de s’achever. La cinquième plate-forme mondiale, qui accueille plus de 60 millions de passagers par an, fête son 35e anniversaire.
C’EST un nouveau départ. Après cinq ans de travaux, le terminal 1 de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle vient de rouvrir complètement ses portes. Le résultat est à la hauteur de l’investissement : 280 millions d’euros et une capacité d’accueil de 10,8 millions de passagers par an. Plus d’espace, davantage de parkings, un aménagement du taxi roissy, un plus grand nombre de postes de contrôle pour réduire le temps d’attente des passagers, de nouvelles boutiques…« En trente-cinq ans, l’aérogare est devenue un espace où l’on passe du temps, explique René Brun, directeur de l’aéroport. Nous avons accordé beaucoup d’importance aux services et à la qualité de vie.»
La polyvalence des comptoirs : Construit en 1974, le terminal 1 avait en effet conservé la philosophie des aéroports d’antan, lorsque les installations avaient vocation au strict minimum du voyage aérien. Les nouvelles normes de sécurité et l’apparition de contrôles de plus en plus minutieux avaient peu à peu compliqué l’accès aux avions. De même, passant plus de temps dans l’aéroport, le passager apprécie d’y trouver des lieux ludiques de restauration, de shopping, de services… Simple exemple, à l’origine Aéroports de Paris n’avait pas prévu de boutiques dans l’aérogare…Autre problème : dans les années 1970, le passager arrivait à l’aéroport avec un taxi directement pour roissy, s’enregistrait et posait son bagage sur un tapis qui allait directement vers le vol concerné. Aujourd’hui, la multiplication des compagnies aériennes et les segmentations de la clientèle imposent plus de fluidité. ADP doit pouvoir affecter tel comptoir d’enregistrement à une compagnie le matin et à une autre en soirée. Du coup, il était devenu impératif de réorganiser les bornes d’enregistrement et l’acheminement des bagages. C’est fait. « Le terminal 1 ne convenait plus d’un point de vue technique, explique René Brun, mais surtout fonctionnel. » Désormais, tous les comptoirs sont polyvalents.
Avec la fin des travaux, ADP va également pouvoir rationaliser la répartition des compagnies aériennes et fonctionner comme un vrai hub. Les membres de Star Alliance, telles que Lufthansa et Swiss, vont tous être logés dans le terminal restauré. Ceux qui font partie de l’alliance One World, comme British Airways ou American Airlines, continueront à se répartir entre les terminaux 2A et 2B. DES dossiers sensibles : Aéroport de Paris assure que le terminal restauré est, en termes de qualité, à la hauteur de La Galerie parisienne, cette aérogare inaugurée en juin 2007 et destinée aux gros-porteurs comme l’A 380, ou encore du terminal régional, mis en service en septembre dernier. Il était temps. Roissy accueille plus de 60 millions de voyageurs par an et devrait franchir prochainement le cap du milliard de passagers passés par son enceinte depuis sa création. En 2008, Roissy est même devenu le cinquième aéroport mondial derrière Atlanta, Chicago, Londres et Tokyo. La tâche est donc de taille pour ADP qui doit maintenir la qualité de ses services face à un trafic aérien en croissance continue. Avec six dossiers clés à surveiller de près, afin que soit sans cesse amélioré l’agrément des passagers. C’est LE principal problème de Roissy. Arriver avec le RER (ligne B3) n’est envisageable qu’au départ de Paris et si on voyage léger. Quand on habite en banlieue, prendre un transport en commun pour rejoindre l’aérogare relève du parcours du combattant, surtout quand on a des valises.
Le déplacement en automobile personnelle ou en taxi de roissy Charles de Gaulles est soumis au risque des embouteillages sur une autoroute régulièrement saturée. De gros progrès devraient être enregistrés avec l’ouverture d’une voie de circulation réservée aux taxis dans le sens Roissy-Paris. Pour la liaison Paris-Roissy, rien n’est pour l’instant prévu. La création d’un métro rapide entre le coeur de la capitale et l’aéroport est également à l’étude. Le dossier est pour l’instant au point mort et on sait que le temps de réalisation d’un tel chantier ne prédit rien de neuf avant 2015.
Liaisons entre les terminaux Ce n’est plus un problème depuis avril 2007 et l’inauguration du CDG Val qui devient le plus gros concurrent des taxis parisiens. La ligne de métro automatique a remplacé les bus et permet de traverser Roissy en une dizaine de minutes. Il fallait le double de temps auparavant. : L’attente des passagers : C’est un des très gros chantiers d’ADP. Le gestionnaire de l’aéroport assure qu’aujourd’hui 96 % de ses clients patientent moins de 10 minutes aux postes de contrôle. Les passagers n’ont que rarement la même impression. En particulier aux heures de pointe, même si le nombre de postes de contrôle a été revu à la hausse. : La propreté : C’était l’une des priorités du président d’Aéroports de Paris, Pierre Graff, lorsqu’il est arrivé à la tête du groupe en 2003. ADP assure qu’aujourd’hui 104 blocs sanitaires sont à la disposition de ses clients à Roissy et que 97 % des usagers en sont satisfaits. : Les espaces d’agrément : 2 500 m² ont été aménagés dans le terminal 1 pour abriter boutiques et services. Toutes les enseignes de luxe sont représentées à Roissy. Une boutique Ladurée ouvre ces jours-ci, tandis qu’un Starbucks et une Maison du Chocolat vont être inaugurés d’ici à quelques semaines. Futur Terminal S4 :C’est le jumeau du S3 (celui qui est baptisé « La Galerie parisienne »). Il doit entrer en service pour l’été 2012 et accueillir lui aussi les gros-porteurs, notamment l’A 380. Sa capacité d’accueil sera de 7 millions de passagers par an, les taxis de Paris vont devoir suivre ! L’aéroport Charles-de-Gaulle aura alors une capacité totale supérieure à 80 millions de passagers par an.
L’Airbus A380, le plus gros avion de ligne au monde a, pour la première fois, atterri, vendredi 1er juin, à l’aéroport Charles-de-Gaulle. L’avion géant à fait tremblé le parc des taxis de roissy et restera deux jours à Roissy avant de reprendre l’air pour une série de vols de démonstration en Asie-Pacifique qui le conduira ensuite à Narita (Japon) du 4 au 6 juin, puis à Sydney (Australie) du 6 au 8 juin, et enfin à Taipei (Taiwan) du 8 au 10 juin.
La venue de l’A380 n’a rien d’un événement promotionnel mais répond à un objectif bien précis : préparer l’accueil de l’avion avant sa mise en exploitation commerciale dans le cadre d’une escale. Avec l’aide d’Aéroports de Paris (ADP), d’Airbus et d’Air France-KLM, tout un programme de tests a été prévu samedi et dimanche.
Pour la première fois, dans la jeune histoire de l’A380, une véritable escale commerciale devait être simulée en conditions réelles avec un objectif à atteindre de 89 minutes pour que l’avion soit prêt à repartir. En moins d’une heure et demie, donc, les passagers (fictifs) devaient avoir quitté l’avion, les bagages être déchargés, la cabine nettoyée et re-préprarée pour le vol suivant, les vidanges faites, le ravitaillement effectué, le catering livré, les nouveaux passagers embarqués… Toutes ces opérations vont permettre à chaque prestataire de l’escale de “valider la compatibilité de leur matériel et de leurs équipements pour définir leurs futures consignes d’exploitation”, explique-t-on chez ADP.
Imaginez qu’il faudrait plus 700 taxis parisiens ou transporteurs de personnes pour remplir les passager d’un tel avion autant dire que les taxis à Roissy Charles de Gaulles n’ont qu’a bien se tenir !
Un autre test permettra de mesurer, de nuit, en présence de l’avion, l’éclairage de son poste de stationnement, conformément aux recommandations internationales, pour assurer la sécurité des manœuvres nocturnes de l’avion. Le test, explique ADP, portera plus particulièrement sur les zones d’activité qui entourent l’avion : celle de la manutention des bagages, de l’avitaillement, de la maintenance… Dimanche, enfin, les techniciens d’ADP procéderont à des tests de dégivrage qui seront réalisés moteurs tournants, comme pour n’importe quel avion. La couche de glace sur un avion peut, en effet, peser plusieurs tonnes et perturber le décollage. Les essais menés à Roissy vont permettre de vérifier la compatibilité des machines et s’assurer que toutes les parties de l’avion géant sont accessibles. L’essai permettra aussi d’évaluer la quantité nécessaire de produit dégivrant pour un avion de cette taille.
Ces tests ne sont en fait que la partie visible de l’iceberg car, depuis plusieurs années, ADP a travaillé avec l’industrie aéronautique et l’organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) pour définir les infrastructures et les installations nécessaires à l’accueil des gros-porteurs – l’A380 mais aussi, par exemple, l’A340-600 ou le Boeing 777/300. Aéroports de Paris précise qu’il “a investi près de 100 millions d’euros pour adapter ses infrastructures à ce type d’avion”.
Pour l’A380, la difficulté consiste à accueillir dans de bonnes conditions de confort et de rapidité les 525 à 750 passagers que peut transporter l’appareil. Comptoirs d’enregistrement, salles d’embarquement, tapis de livraison de bagages… Tout doit être surdimensionné.
L’une des grandes réalisations d’ADP est la “Galerie parisienne”. Cette nouvelle salle d’embarquement des aérogares 2E et 2F, qui doit ouvrir cet été, peut accueillir jusqu’à six A380 simultanément ! Il en en faudra des taxis à Roissy pour transporter tout ce pti monde !